05 avril 2006

Conte de chez nous envoyé par Banon Nébila, école de Tiébo au Burkina Faso

Le gros silure et le petit silure

Un jour, dans la rivière, un tout petit silure (ngol), un enfant de silure, rencontre un grand-père silure, tout rond de graisse, tout dodu, à la longue moustache blanche. Il ne nageait pas trop vite, le petit silure le regardait avec étonnement.
_ Grand-père, comment avez-vous fait pour devenir si vieux ?
_ Je vais te dire mon secret, petit. Je le tiens de mon grand-père qui, lui-même, mourut bien vieux : Si tu vois un morceau de viande au bout d’un fil, sauve-toi bien vite ! Si tu entends un homme marcher sur le bord de la rive, sauve-toi bien vite ! Si tu vois du feu, la nuit, près de la rivière, sauve-toi bien vite ! En agissant ainsi, tu deviendras vieux comme moi.
_ Merci, grand-père. Et le petit silure fit une cabriole en se moquant du vieux poisson, car, naturellement, il ne prenait pas au sérieux les conseils qu’il venait d’entendre.

A quelque temps de là, il voit frétiller dans l’eau un joli ver tout rouge. Bonne affaire, pense-t-il, et aussitôt il se précipite dessus pour l’avaler. Il se sent immédiatement piqué à la gorge et soulevé violemment vers le haut. Le gros silure qui a vu de loin la scène, lui crie :
_ Fais vite le mort ! Dans sa panique, le petit silure colle ses nageoires sur son corps et s’immobilise totalement. Le pêcheur croit qu’il a pris un poisson mort, alors il le décroche et le pose sur le bord. D’un bond le petit silure retombe à l’eau.
_ Je l’ai échappé belle ! s’écrie-t-il, que je suis vraiment malin !

Un autre jour, il entend des hommes marcher sur le bord de l’eau. Vite, il met le nez à l’air pour regarder. Au même moment, un lourd filet s’abat sur l’eau. Le silure  se débat, mais en vain ! Il est pris. Heureusement, une souche pointue au fond de la rivière a déchiré le filet. Le petit silure réussit à s’échapper par le trou.
_ Je suis vraiment malin, s’écrie-t-il de nouveau, j’ai coupé le filet d’un coup de dents ! Qui m’en remontrera ?

Une autre aventure lui arriva bientôt : une nuit, il voit du feu près de la rivière et poussé par la curiosité, il s’approche, il s’approche toujours plus près de la lumière, ses yeux papillotent d’éblouissement. Au même instant, il sent une main qui le saisit !… Le lendemain, il était mis sur le feu, grillé et croqué. Il mourut en pensant aux conseils du vieux silure qu’il n’avait pas daigné écouter.
    Le grand-père avait raison, mais…Il était trop tard !

Posté par genoveva à 18:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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